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Gérard Pons
Président de l’Association Française
de Luminothérapie
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ZESTRESS : Le phénomène
du "blues de l’hiver"’ est une forme
de dépression très connue. Comment s’en
prémunir ?
Gérard Pons : Vous évoquez le blues de l’hiver,
mais je précise d’abord que c’est une forme
atténuée d’un syndrome beaucoup plus sévère,
le Trouble Affectif Saisonnier ou TAS. En fait vous avez le
TAS mais aussi "le blues de l’hiver’",
qui est sa forme légère.
Pour répondre à votre question, avant tout,
incontestablement, le plus important est de bien s’éclairer.
En effet ces troubles sont liés à un manque
de lumière naturelle. Notre moral a tendance à
suivre à la baisse, en quelque sorte, la diminution
brusque de luminosité naturelle, intervenant entre
l’été et la période automne-hiver.
Cette insuffisance de lumière naturelle pendant cette
période va entraîner pour l’organisme une
série de bouleversements biochimiques, ayant pour résultat
une baisse d’énergie et du moral. D’autre
part, il ne faut pas perdre de vue qu’en période
d’hiver, nous passons moins de temps à l’extérieur,
et plus de temps enfermés à l’intérieur
de notre maison ou de notre bureau, où l’éclairage
est souvent faible et mal adapté.
ZESTRESS : D’où l’usage
de la lumière ?
Gérard Pons : Effectivement. L’exposition à
la lumière va permettre de corriger ces troubles. C’est
le Professeur Norman Rosenthal qui est le père fondateur
du traitement de luminothérapie.
Il y a quelques années, les séances de luminothérapie
étaient le plus souvent suivies en milieu clinique
ou hospitalier. Ceci a été bouleversé
avec la mise en vente sur le marché de lampes de luminothérapie.
Ceci a permis d’échapper aux contraintes liées
aux rendez vous en clinique ou en hôpital, d’autant
qu’il s’agit d’une thérapie très
simple à suivre à domicile.
En effet les lampes actuelles peuvent s’adapter à
plusieurs positions et permettent donc de mener ses activités
courantes, dès lors qu’on est installé
à proximité de la lampe. Elles peuvent par exemple
être facilement être transportées d’une
pièce à l’autre dans la maison, et donc
s’adapter à de multiples usages.
Ces séances à domicile ont vite présenté
un autre avantage. Les effets du traitement de luminotherapie
s’estompent en effet au bout de quelques semaines et
il faut donc reprendre le traitement. L’avantage de
ces lampes est de permettre de poursuivre le traitement à
domicile.
ZESTRESS : L’utilisation pendant une
journée entière d’une lampe de luminothérapie
ne présente pas elle de dangers ?
Gérard Pons : Apres la séance de luminothérapie,
il suffit en pratique de tourner le réflecteur vers
le bas afin d’obtenir une lumière moins intense,
et donc d’utiliser la lampe comme simple lampe de travail.
Désormais, pour un usage prolongé au bureau,
il existe des lampes spéciales de 4000 lux.
De façon plus large, je dois préciser qu’une
séance de luminothérapie est nettement moins
dangereuse qu’une séance d’UV dans un cabinet
d’esthétique, toutes les études s’accordent
à le démontrer. C’est justement la quasi
absence d’effets secondaires de la luminothérapie
qui a aussi fait son succès.
ZESTRESS : Qu’est ce qu’un lux
?
Gérard Pons : C’est la lumière d’une
bougie éclairant à un mètre de distance.
ZESTRESS : Quel est l’effet thérapeutique
de l’exposition à la lumière vive ?
Gérard Pons : Je citerai un spécialiste hollandais,
le Professeur Ton Begemann :
" Un stimulus avec un effet immédiat à
court terme". Plus concrètement l’un des
avantages immédiats de ce type de thérapie c’est
de permettre à leurs utilisateurs de retrouver très
rapidement optimisme et énergie. Au minimum, je dirais
que c’est un petit ballon d’oxygène pour
notre moral et notre tonus physique.
ZESTRESS : Cette thérapie est surtout
connue en Amérique du nord et dans les pays scandinaves
?
Gérard Pons : Effectivement. En Finlande plus de 50%
des foyers sont équipés de lampes de luminothérapie.
Des compagnies comme IBM et Rank Xerox, les chaînes
d’hôtel Hilton, utilisent des lampes de luminothérapie
de façon très courante.
ZESTRESS : Pourtant, il est difficile d’imaginer
ce type de thérapie en France, pays méditerranéen
et donc très ensoleillé.
Gérard Pons : Même en France, la lumière
du jour est insuffisante pendant la période automne-hiver,
par rapport au besoin de lumière de notre organisme.
Il suffit de penser aux journées sombres et couvertes
de novembre. Je pourrais également, pour parler d’un
pays voisin, citer Jacques Brel qui parle d’un ‘’plat
pays, avec un ciel si bas qu’un canal s’est pendu’’.
ZESTRESS : Quelle est la puissance
des lampes utilisées pour ce traitement ?
Gérard Pons : La tendance est d’utiliser des
lampes de 10.000 lux. En effet, plus le nombre de lux est
important, plus la durée d’exposition à
la lumière pourra être réduite, ce qui
permet de libérer son temps. De façon générale,
on est passé en quelques années d’une
exposition de 2 à 4 heures pour des lampes variant
de 2500 à 5000 lux, à une exposition 30 minutes
de nos jours pour une lampe de 10000 lux.
ZESTRESS : Pourquoi ce traitement est il
suivi en général tôt le matin ?
Gérard Pons : Pour éviter d’interférer
avec le cycle sommeil éveil. C’est donc un principe
de prudence.
Par contre, ce type de traitement a une efficacité
optimale lorsqu'il est suivi régulièrement à
la même heure, et dans un cadre relaxant.
ZESTRESS : Puisque la tendance de l’époque
est aux économies d’énergies, pouvez nous
indiquer quelle est la consommation électrique d’une
lampe de 10000 lux ?
Gérard Pons : Ces lampes sont en général
équipées d’ampoules de 85 watts. La consommation
électrique est donc inférieure à celle
d’une ampoule de 100 watts.
ZESTRESS : Quand commencer un traitement
de luminothérapie ?
Gérard Pons : les recherches ont démontré
qu'il est préférable de commencer le traitement
tôt à l'automne, dès l'apparition des
premiers symptômes, plutôt que d'attendre que
la dépression soit installée.
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Gérard Pons, Président de l’Association Française
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