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L’EFFET BIOLOGIQUE DE LA LUMINOTHERAPIE ENFIN VERIFIE !


De nombreuses études médicales ont démontré depuis 25 ans l’efficacité de la luminothérapie dans le traitement de la dépression saisonnière, mais une relative méconnaissance de cette thérapie subsiste encore dans le corps médical.

En 1984, Norman Rosenthal définit une forme de dépression, le SAD, (ou « dépression hivernale » pour simplifier), et propose comme traitement l’exposition à la lumière vive.
Mais quels critères ont permis de mesurer l’efficacité de ce traitement dans les essais cliniques ?

Il a souvent été démontré que l’exposition à la lumière entraîne un arrêt de la sécrétion de la mélatonine, mais cet effet était bien connu, avant même l’année 1984. En 1980 déjà, Lewy et ses collègues avaient établi que l’exposition à la lumière entraînait un arrêt de la sécrétion de la mélatonine chez l’être humain. Cet effet sur la sécrétion de la mélatonine ne démontrait pas pour autant l’amélioration de l’état de dépression.

La seule technique permettant d’évaluer l’amélioration d’un état dépressif au terme d’un traitement de luminothérapie demeurait donc celle des questionnaires cliniques d’évaluation, avec la part de subjectivité et d’incertitude qui peut s’y attacher

Une très importante étude menée par l’équipe du Professeur Hébert de la Faculté de Médecine de Laval (Québec), vient d’apporter pour la première fois des précisions fondamentales sur les causes de la dépression saisonnière (SAD), mais surtout la preuve des effets biologiques du traitement de luminothérapie.

 

Pourquoi déprime-t-on quand l'automne arrive ?

Une explication fréquente met en cause un excès de sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil, pour simplifier). De fait, l’origine de la dépression saisonnière est probablement plus complexe et diverse.

L’étude de la faculté de médecine de Laval apporte des précisions nouvelles sur ce point.

L’équipe du Professeur Hébert a comparé la fonction rétinienne de 22 patients atteints de dépression saisonnière à la fonction rétinienne de 16 sujets normaux.

A l’aide d’électrorétinogrammes – un appareil permettant de mesurer l’activité électrique de la rétine-, cette équipe a clairement démontré que la fonction rétinienne baissait de façon très importante dans la période située entre l’automne et l’été chez les 22 patients victimes de dépression saisonnière.

A l’inverse, les mêmes mesures ont démontré que cette activité rétinienne demeurait stable chez les 16 sujets normaux.

Cette baisse de la fonction rétinienne permet de mesurer de façon indirecte le dérèglement des neurotransmetteurs.

Une explication probable de la dépression saisonnière serait donc celle d’un dérèglement de deux neurotransmetteurs présents dans le cerveau et dans l’oeil, la sérotonine et la dopamine. Ce dérèglement résulterait de la diminution de la photopériode (durée et intensité de la luminosité) à l’automne.


La luminothérapie : le traitement de référence de la dépression saisonnière

L’échantillon clinique des 22 patients atteint de dépression saisonnière a été ensuite soumis à un traitement de luminothérapie (5.000 lux pendant 4 semaines, à raison de 30 minutes par jour).

Le premier enseignement tiré de l’évaluation de ce traitement est classique : 80 % des patients ont connu une rémission.

Le 2eme enseignement est tout à fait nouveau et encore plus intéressant :

La mesure de l’activité rétinienne a été effectuée une seconde fois, après le traitement de luminothérapie, sur l’échantillon des 22 patients atteints de dépression saisonnière. Les mesures de  l’électrorétinogramme ont démontré de façon très nette que  la fonction rétinienne chez ces patients était revenue à un niveau estival et qu’elle était redevenue équivalente à celle des 16 sujets normaux.

Cette étude démontre donc pour la première fois que la luminothérapie, en restaurant la  fonction rétinienne chez les personnes atteintes de SAD, a un effet biologique réel. En un mot l’efficacité de la luminothérapie est désormais objectivement attestée.

Enfin, elle rappelle aux personnes atteintes de dépression saisonnière, qu’elles ne sont pas responsables de leur état, mais que c’est bien un dérèglement biologique qui est la cause de leur état dépressif. Cette circonstance est d’ailleurs souvent vérifiée en matière de dépression.

(Communication à la  8e Journée de recherche de la Faculté de Médecine de Laval  31 Mai 2006.)


Découverte d’une nouvelle classe de cellules photo réceptrices rétiniennes.

Découverte tout aussi intéressante, celle d’une nouvelle classe de photorécepteurs rétiniens.

Il était généralement admis jusque là que la rétine comporte deux classes de photorécepteurs (les cônes et bâtonnets) ayant pour fonction d’enregistrer les informations relatives à la luminosité ou à la couleur puis de transmettre le message nerveux au cerveau.

Une nouvelle et troisième catégorie de photorécepteurs vient d’être découverte par l’équipe du Dr David Berson, Professeur de neurologie (Université Brown), les IPRGCS ( pour intrinsically photosensitive retinal ganglion cells).

A la différence des deux autres catégories de photorécepteurs, ces nouveaux photorécepteurs transmettraient directement au cerveau des informations sur la luminosité globale, un peu comme la cellule d’un appareil photo, indiquant au cerveau si c’est le jour ou si c’est la nuit.

Un travail de recherches très intéressant pour la luminothérapie s’ouvre donc désormais sur cette nouvelle classe de photorécepteurs, car ils pourraient aider à comprendre comment l’horloge biologique se régule en fonction du lever et du coucher du soleil.

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