Illuminez votre vie
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"Brighten your life" ,
Docteur Daniel F. Kripke
Traduction par Mr Delanoë
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Chapitre 1 : Nous nous fanons dans l'obscurité
3. Le traitement de la dépression par la lumière
3.A. Le dosage de l’intensité lumineuse
3.B. A quelle heure du jour suivre le traitement
Il existe de nos jours un élément positif pour
les personnes dépressives. Il leur est souvent possible
de retrouver un certain bonheur de vivre en mettant simplement
un peu plus de lumière dans leur vie. En prenant à
cet égard le conseil de leur médecin, un traitement
basé sur la lumière pourra les dégager
des symptômes de la dépression. Tout comme l’obscurité
nous rend triste, la lumière tend à nous rétablir
à un niveau normal de satisfaction. C’est ce
principe, simple et très utile, qui nous aide à
traiter la dépression.
Il est possible de combattre la dépression en passant
plus de temps à l’extérieur, mais, nous
le savons bien, changer ses habitudes en ce domaine est souvent
très difficile de nos jours. C’est pourquoi nous
préconisons souvent d’augmenter artificiellement
la quantité de lumière reçue.
Cette section expliquera comment la luminothérapie
est mise en œuvre, mais, préalablement, il est
important de rappeler qu’un personne atteinte d’une
dépression significative, doit d’abord consulter
son médecin.
3.A. Le dosage de l’intensité
lumineuse
Pour combattre les symptômes de la dépression,
la quantité de lumière nécessaire varie
selon les personnes. Il existe plusieurs critères d’appréciation
en ce domaine, notamment le degré de sévérité
de la dépression.
Une quantité limitée de lumière peut
être appropriée pour les personnes atteintes
de troubles légers. Pour les personnes atteintes de
troubles plus importants, une lumière d’intensité
plus forte et un temps d’exposition plus long pourront
se révéler nécessaires pour que le traitement
soit efficace.
La dose de lumière nécessaire doit ramener
à tout le moins le patient à une quantité
de lumière supérieure à celle résultant
de l’exposition quotidienne moyenne à la lumière
du jour. Ce résultat peut être obtenu très
simplement par trente minutes d’exposition à
une lumière de 10.000 lux (comme le soleil), ou par
deux heures d’exposition à 2.500 lux (ce qui
correspond à la luminosité d’un jour nuageux
ou sombre).
Si la dépression est très sévère,
une lumière d’intensité inférieure
à 2.000 lux ne pourra être efficace qu’au
delà de plusieurs heures d’exposition quotidienne,
(bien que certains très faibles niveaux de lumière
puissent parfois suffire à résoudre certains
problèmes de sommeil ainsi que nous le verrons plus
loin).
Il faut reconnaître que les informations dont le corps
médical dispose à ce jour, sur l’efficacité
comparative des différents niveaux d’intensités
lumineuses sont assez fragmentaires. Il lui est difficile
de donner des avis absolument catégoriques sur les
intensités lumineuses et les temps d’exposition
à mettre en oeuvre. En fait, c’est le même
genre de problème que rencontre le corps médical
quand il s’agit de déterminer la quantité
d’antidépresseurs nécessaire, ou quand
il s’agit de déterminer s’il est temps
d’entreprendre un traitement complémentaire,
où s’il est temps de l’interrompre.
C’est pourquoi, en l’état de nos connaissances,
une personne désirant commencer un traitement de luminothérapie
devra tenter de découvrir de façon empirique
le niveau de lumière qui lui est approprié.
Un traitement de luminothérapie de plusieurs heures
par jour se révèlera probablement nécessaire
pour commencer efficacement le traitement d’une dépression
sévère. Par la suite, le patient pourra commencer
à réduire de lui-même la durée
d’exposition, dès que les premiers signes d’amélioration
auront été obtenus. Des durées initiales
d’exposition de 30 minutes à 10.000 lux, ou de
deux heures à 2.000-3.000 lux se révèlent
en général satisfaisantes.
Je ne suis pas certain qu’une lumière de plus
de 10.000 lux soit totalement sûre, si bien que je ne
recommande jamais de traitement à plus de 10.000 lux.
La décision d’utiliser 10.000 lux sur un temps
plus court, ou 2.000 / 3.000 lux sur un temps plus long, dépend
de différentes considérations.
La plupart des gens préfèrent s’exposer
à la lumière vive sur la durée la plus
courte possible, cela, pour des raisons de commodité
pratique évidentes. Toutefois l’utilisation de
10.000 lux - qui nécessite en général
d’être proche de la source de lumière-,
peut parfois se révéler inadaptée dans
certaines situations, dans lesquelles il sera préférable
d’employer une source lumineuse moins intense, mais
sur un temps d’exposition plus long.
Une lumière d’une intensité de 10.000
lux peut aussi chez certaines personnes se révéler
irritante pour les yeux ou provoquer certains maux de tête.
En théorie, nous devrions estimer qu’une intensité
de 2000 lux est plus sure pour la vue qu’une intensité
de 10.000 lux ; Mais l’intensité de 10.000 lux
a été expérimentée depuis suffisamment
longtemps, et sans jamais causer de problèmes oculaires,
pour que la plupart des experts s’accordent sur sa sécurité.
Apres tout 10000 lux, ce n’est pas plus que ce que nous
expérimentons habituellement quand nous sommes à
l’extérieur par un temps ensoleillé. L’intensité
lumineuse de 10.000 lux est devenue une norme tout à
fait courante.
Comme dans différents domaines, l’alimentation,
l’exercice d’un sport, le sommeil, on doit essayer
de tester différents niveaux de lumière pour
découvrir celui qui nous convient le mieux. Si au bout
de quelques semaines d’exposition pendant une demi heure
par jour il n’est pas constaté de résultat,
il faut essayer de passer à une heure ou deux.
Si une intensité de 2.500 lux ne se révèle
pas efficace, il faut essayer une intensité de 10.000
lux.
Habituellement, Il faut s’exposer quotidiennement à
la lumière pendant au moins une semaine pour voir apparaître
des résultats significatifs, et cette amélioration
va souvent en augmentant, si l’on emploie la lumière,
à un dosage déterminé, pendant au moins
un mois. Le patient ne doit pas se décourager trop
rapidement, notamment s’il ne constate qu’une
faible amélioration de son état.
A l’inverse, il peut y avoir une utilisation trop intensive
de la lumière. Le dosage de l’intensité
lumineuse et du temps d’exposition doivent être
parfois ajustés et réduits Une certaine fatigue
oculaire, des maux de tête, une irritabilité
et des problèmes de sommeil pourront être le
signe d’un traitement trop fort.
Dans un chapitre postérieur, nous étudierons
quelques effets secondaires du traitement sur le sommeil et
l’humeur, qui peuvent nécessiter un ajustement
à la baisse de l’intensité et du temps
d’exposition.
3.B. A quelle heure du jour suivre
le traitement
Pour de nombreuses personnes l’exposition à
la lumière, à n’importe quelle heure du
jour, aide à combattre la dépression. Quelques
études sur son emploi le matin, l’après
midi, ou la nuit, font apparaître des résultats
assez équivalents, et ce, quelle que soit l’heure
d’utilisation.
Indéniablement toutefois, c’est l’exposition
à la lumière le matin qui donne les meilleurs
résultats, pour de nombreuses personnes atteintes du
SAD, (toutes les études ne s’accordent pas sur
ce point). Ce résultat n’est probablement pas
du au caractère saisonnier de la dépression,
mais plus certainement au fait que les personnes atteintes
de la dépression saisonnière ont tendance à
trouver tardivement le sommeil.
Mon opinion sur ce point est que c’est le modèle
de sommeil du patient qui fournit l'indice le plus utile à
un choix optimal de l’heure d’exposition.
Les principes permettant d’optimiser le choix de l’heure
d’exposition à la lumière, en partant
du modèle de sommeil du patient, sont simples. Si une
personne éprouve des difficultés à trouver
le sommeil et à se lever à la bonne heure le
matin, il lui sera certainement plus indiqué de s’exposer
la lumière tôt le matin. Il en sera de même
pour les personnes dont la dépression est liée
au fait de dormir plus longtemps. Dans ces hypothèses,
l’heure précise la plus indiquée pour
l’utilisation de la lumière vive est celle qui
suit immédiatement le réveil. D’ailleurs,
certaines études démontrent que le fait de se
réveiller tôt le matin pour suivre le traitement
augmente son efficacité.
Le Docteur Terman recommande de commencer le traitement environ
2 heures et demi après la mi- sommeil. Ainsi, si une
personne dort de minuit à 8 heures du matin, (avec
une mi-sommeil à 4 heures du matin), l’heure
de traitement recommandée sera 6 heures trente du matin.
A l’inverse, l’exposition à la lumière
le soir serait plus indiquée pour les personnes qui
ont tendance à s’endormir trop tôt dans
la nuit, (par exemple à l’heure où commencent
les programmes de télévision le soir), et qui
se réveillent donc plus tôt que souhaité
le matin.
Pour les personnes qui n’entrent pas clairement dans
l’un ou l’autre de ces modèles de sommeil,
il doit exister une différence légère
entre l’exposition à la lumière le matin
ou le soir, et son emploi à midi ou dans l’après
midi peut se révéler efficace également.
Nous étudierons plus longuement ces principes dans
la section sur les troubles du sommeil.
Pour les personnes indiquées à une exposition
matinale, un moyen d’obtenir un progrès rapide
est d’utiliser une thérapie de réveil.
Cette thérapie consiste à se réveiller
à mi-sommeil, allumer les lumières et éclairer
la chambre, puis à rester éveillé pendant
la seconde moitié de la nuit. (Ainsi, une personne
dont la nuit de sommeil irait de minuit à 8 heures
du matin, devrait se lever à 4 heures du matin). La
séance de luminothérapie est ensuite entreprise
à l’heure normale d’éveil.
La plupart des personnes dépressives ont enregistré
un surprenant recul de la dépression après un
réveil si matinal, probablement imputable au fait qu’elles
restent éveillées toute la journée, cela,
en dépit d’un besoin accru de sommeil.
Après une thérapie de réveil, les patients
qui n’utilisent pas en complément la luminothérapie
tendent à rechuter, aussi vite qu’elles ont retrouvé
le sommeil.
Avec la luminothérapie en complément, les bénéfices
rapides de la thérapie de réveil tendent à
se consolider. J’estime qu’une seule séance
de thérapie de réveil (en se levant au milieu
de la nuit) est bénéfique et efficace au début
d’un traitement de luminothérapie.
Un cas particulier est celui des patients souffrant d’un
désordre bipolaire (maniaco- dépressifs), notamment
ceux dont l’humeur oscille rapidement entre la manie
et la dépression. Ceux-ci peuvent, en suivant un traitement
de luminothérapie, (notamment le matin), ou une thérapie
de réveil, déclencher des phénomènes
graves et indésirables de manie. Le milieu de l’après
midi doit être l’heure la plus indiquée
pour ces patients, si l’on se réfère aux
expériences, mais je décommande l’emploi
de la thérapie de réveil pour ces patients bipolaires
du fait des risques de manie.
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