Luminothérapie,
privation de sommeil et antidépresseurs
D’autres recherches étaient menées
avec succès en combinant la thérapie d’éveil,
la luminothérapie, et la prise de médicaments
antidépresseurs. Le résultat fut tres
marqué.
En 2002 une étude fut conduite par les Drs Kripke,
Loving et Schuchter, sur des patients souffrants de
dépression sévère et soumis à
un traitement d’antidépresseurs. Ces patients
expérimentèrent en complément une
demi nuit de privation de sommeil suivie d’une
semaine de séances de luminothérapie.
Des échantillons aléatoires reçurent
soit un traitement de 10.000 lux le matin entre 6 heures
et 9 heures, soit une faible lumière placebo
aux mêmes heures. Les résultats montrèrent
qu’il n’y avait aucune amélioration
dans le groupe placebo, mais une amélioration
de 27% dans le groupe ayant suivi des séances
de luminothérapie.
Le bénéfice net de l’exposition
complémentaire à la lumière (+27%
d'amélioration) était donc significatif.
Dans une récente et longue étude parue
dans le Financial Times du 22 Octobre 2004 consacrée
à la thérapie d’éveil, Joe
Studwell rapporte les éléments suivants
:
« Un médicament antidépresseur
nécessite de deux à quatre semaines pour
avoir un quelconque effet. Une psychothérapie
nécessite de façon typique trois mois
pour donner des résultats. Entre-temps une proportion
des patients se sera peut être suicidée
(les patients souffrant de troubles bipolaires aigus
ont un risque de suicide de un sur cinq).
A l’opposé, la thérapie d’éveil
se révèle efficace pour la plupart des
patients en 24 heures, et son effet peut être
renforcé par la luminothérapie et des
médicaments antidépresseurs. Dans la plupart
des cas, les patients sont prompts à choisir
des thérapies combinées par rapport à
des solutions plus lentes...»
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Pour le Professeur Wu de l'université de la
Californie, cité dans le même article :
«ces domaines représentent des champs nouveaux
tragiquement ignorés et délaissés,
alors qu’ils pourraient avoir un réel impact
dans la gestion de la santé».
Dans un rapport rendu à l’ISAD (International
Society for Affective Disorders), publié en juillet
2005, le Docteur Anna Wirtz Justice conclut comme suit
:
' Le public marque sa préférence pour
des traitement non pharmacologiques. Les patients les
acceptent et les préfèrent. Toutefois,
à la différence de nombreux remèdes,
la luminothérapie et la thérapie d’éveil
ne sont pas des solutions alternatives ou non prouvées.
Elles fournissent des opportunités flexibles
en tant que complément à des traitements
multi-modulaires, et leurs effets secondaires sont négligeables.
Il est temps pour la luminothérapie et la thérapie
d’éveil d’être incorporées
à la psychiatrie traditionnelle.''
En définitive, les études et recherches
permettent de tenir aujourd'hui pour acquis les points
suivants :
- La privation de sommeil peut trouver à s’appliquer
dans la plupart des situations de dépression
et ses effets secondaires sont peu importants, les complications
quasi inexistantes.
- La combinaison des antidépresseurs et de la
privation de sommeil aboutit à des améliorations
supérieures à celles résultant
des seuls antidépresseurs.
- La privation de sommeil accélère l’action
des antidépresseurs.
- Une privation de sommeil répétée
plusieurs nuits de suite peut se révéler
une stratégie de traitement efficace pour les
états et les personnes réfractaires (ou
contre indiquées) aux antidépresseurs.
- Un traitement de luminothérapie entamé
des le lendemain d’une thérapie d’éveil
stabilise la rémission de la dépression.
Deuxième partie à suivre...
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