Les effets provisoires
de la privation de sommeil
L’explication de son mécanisme étant
établie, un autre inconvénient important
subsistait dans la privation de sommeil.
Certes, les résultat étaient enthousiasmants
– les patients se retrouvaient dans un état
tel qu’ils n’en avaient jamais connu depuis
longtemps -, mais cet état ne se manifestait
que pendant un jour.
Pour ces raisons sérieuses, la thérapie
d’éveil fut négligée et mise
de coté pendant quelques années. C’est
la luminothérapie qui allait lui donner une toute
nouvelle impulsion.
La luminothérapie ayant révélé
son efficacité dans le traitement du SAD, par
son effet de re-synchronisation de l’horloge biologique,
la tentation était grande de l’appliquer
- en la combinant avec la thérapie d’éveil
- à la dépression tout court, où
était en cause un autre dysfonctionnement de
l’horloge biologique.
Une équipe médicale de l’Université
de Vienne fut à l’origine d’une des
premières tentatives en ce sens.
Dans la cadre d’une étude, les patients
furent laissés au sommeil jusqu’à
une heure du matin – heure à laquelle l’horloge
biologique devient active- puis furent ensuite réveillés
et maintenus éveillés dans cet état
pendant toute la nuit, ainsi que pendant la journée
suivante.
Au terme de la première nuit d’éveil,
il fut constaté – sans surprise - une amélioration
tres importante de l’état des patients.
Par contre, le lendemain, il ne fut pas constaté
le phénomène de rechute habituel, car,
succédant à la thérapie d’éveil,
un traitement de luminothérapie avait été
mis en place dès le deuxième jour de traitement.
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Avec ce traitement combiné, il était
observé désormais une rémission
de la dépression sur le long terme, ses symptômes
ne devant plus se manifester pendant plusieurs mois.
Les mécanismes physiologiques en jeu dans ces
essais étaient en fait les suivants :
- Provoquer l’éveil du patient à
1 heure du matin, heure à laquelle l’horloge
biologique commence à entrer en activité,
pour arrêter son fonctionnement et lui permettre
de se recharger.
- Exposer le patient dès le lendemain matin,
et les jours suivants, à la lumière forte
de la luminothérapie pour donner à son
horloge biologique le stimulus très puissant
et nécessaire lui permettant de redémarrer
son activité sur un nouveau cycle de fonctionnement
normal.
Dès lors, la thérapie de privation de
sommeil allait connaître un regain d'intérêt.
Depuis, plusieurs études médicales ont
démontré que l’utilisation de la
luminothérapie combinée avec la thérapie
d’éveil permettait de combattre la dépression
avec une grande efficacité sur le long terme.
En 2002, une étude menée en Italie par
le Dr Benedetti et ses collègues sur 22 patients
souffrant de troubles bipolaires démontra que
la rechute très rapide suivant la privation de
sommeil était évitée en combinant
ce traitement avec des séances de 30 minutes
de luminothérapie, administrées la nuit
de privation de sommeil et le lendemain matin.
Il était constaté une consolidation des
gains de la thérapie d'éveil.
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