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La dépression non saisonniere
Hormis ces hypothèses assez particulières,
les chercheurs poursuivaient de façon expérimentale
l’application de la luminothérapie à
la dépression ordinaire.
L'une des toutes premières études en
ce domaine fit apparaître une réduction
importante des symptômes dépressifs en
moins d’une journée, après une séance
de luminothérapie d’une heure. (Kripke,
1981)
Ces résultats furent répliqués
dans une autre étude en 1983 (Kripke, Risch et
Janowsky).
Deux autres études firent état d’un
bénéfice encore plus fort en 5 jours (Kripke,
Gillin, Mullaney, Risch et Janowsky, 1987) ou en une
semaine (Kripke, Mullaney, Klauber, Risch et Gillin,
1992). Quelques études toutefois laissèrent
apparaître des résultats en sens contraire.
En 1992, Daniel Kripke rendit compte de l’application
d’un traitement de luminothérapie à
25 vétérans atteints de dépression
non saisonnière et de troubles bipolaires dans
des formes mineures. En une semaine de traitement, les
25 patients réduisirent leur score de dépression
de 18%. 26 autres patients, soumis à un placebo,
ne montrèrent aucune amélioration.
En 1998, dans une étude de synthèse de
l’ensemble des travaux publiés sur ce thème,
Daniel Kripke tirait alors la conclusion suivante :
"La luminothérapie, traitement de base
du SAD, peut tout aussi bien offrir une voie non médicamenteuse
de traitement de la dépression non saisonnière.
Les épreuves cliniques ont démontré
des niveaux équivalents d'amélioration
entre la luminothérapie et un traitement d’antidépresseurs".
"Mieux encore la luminothérapie s’est
révélée agir plus rapidement, avec
une amélioration de l’état apparaissant
au bout d'une semaine, alors que les traitements médicamenteux
demandent plus de huit semaines pour atteindre des résultats
équivalents".
"Au terme de 20 ans d’expérience
il apparaît désormais que la lumière
est aussi efficace dans le traitement de la dépression
saisonnière que dans le traitement de la dépression
non saisonnière".
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Le Dr Kripke ajoutait lors d’un
colloque psychiatrique:
"L’effet net de la lumière, c'est-à-dire
la réponse du groupe expérimental moins
celle du groupe placebo, s’établit à
une réduction des symptômes de 12 à
35%. Or l’obtention de ces résultats n’a
nécessité qu’une semaine de traitement
de luminothérapie, et ce score est lui-même
supérieur aux mêmes scores nets habituels
des antidépresseurs au terme de 2 ou 3 mois de
traitement"
En 2004, la Cochrane Review, revue médicale
faisant autorité, recommanda officiellement l’emploi
de la luminothérapie dans le traitement de la
dépression non saisonnière. L’American
Psychiatric Association et l’American Academy
of Sleep Medicine firent de même.
Il fallait encore soumettre ce principe à une
dernière vérification.
Le risque demeurait en effet que les études
aient été faussées par la prise
en compte de patients affectés d’une certaine
saisonnalité (dépression non saisonnière
avec aggravation de symptômes en automne-hiver).
Une équipe de chercheurs décida donc,
à titre de contre-épreuve, de soumettre
à un traitement de luminothérapie un échantillon
de personnes chez lesquelles toute saisonnalité
était exclue.
L’échantillon de l'essai fut exclusivement
composé de personnes atteintes de dépression
depuis au moins deux ans et dont l’état
ne marquait pas d’aggravation en hiver, par rapport
au reste de l’année.
La réponse fut remarquable, puisque 50% des
patients atteints de dépression non saisonnière
et soumis au traitement de luminothérapie allaient
connaître une complète rémission
des symptômes en moins de 5 semaines.
En 2002, Michalak, Wilkinson, Hood et Dowrick avaient
tenté de cerner les différences existant
entre le SAD et les dépressions non saisonnières.
Ils ont observé que les patients victimes du
SAD connaissaient moins de troubles cognitifs et comportementaux
que les dépressifs non saisonniers, ceux ci nécessitant
un traitement médical de façon beaucoup
plus évidente que les personnes atteintes du
SAD. D’autre part il était constaté
chez les victimes de la dépression non saisonnière
unétat de quasi-désespérance et
une perte de poids.
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