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Luminothérapie et dépression : Au-delà du SAD


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Luminothérapie et dépression : page 2/9


Au-delà du SAD

En 1984, Norman Rosenthal alors jeune chercheur au National Institute of Mental Health va définir les caractéristiques du SAD, présent chez les patients qu’il a observés, en tant que constitutives d’un trouble affectif saisonnier.

Cependant, très vite, derrière l’aspect saisonnier de ces troubles de l’humeur, propres à la saison automne hiver, on soupçonnera l’existence d’autres symptômes, correspondant à d’autres formes de dépression. En d’autres termes, la dépression hivernale pouvait dissimuler en arrière-plan une dépression ordinaire, non saisonnière.

Cette hypothèse est beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense généralement.

Ce peut être le cas d'une personne souffrant de SAD et suivant un traitement, soutenu et efficace, de luminothérapie.

Après l’interruption de ce traitement, par exemple à la mi février, il pourra se produire que réapparaisse chez cette personne, dans un délai plus ou moins long, un état dépressif. Cet état correspondra possiblement à la réinstallation d’une dépression antérieure, de nature différente, non liée à la saison automne-hiver, et non diagnostiquée.

Ce type de phénomène avait été déjà relevé en 1990 sur un échantillon de 22 patients victimes d’attaques de panique, et soumis à observation clinique. Cette observation démontra une forte aggravation des attaques de panique pendant la saison automne-hiver.

Une année plus tard des psychiatres new yorkais rapportèrent le cas d’une autre patiente, également victime d’attaques de panique. De la même façon, il était observé chez elle, une forte augmentation de la fréquence des crises pendant la période automne-hiver. Celles-ci passaient d’une crise par semaine durant le reste de l’année, à 4 à 5 crises par jour, au plus fort de l’hiver.

 


 

 

Les résultats du traitement de luminothérapie qu’elle reçut dans le cadre de la dépression hivernale dont elle était également atteinte, révélèrent quelques surprises. Il y eut certes rémission rapide du SAD, mais surtout le nombre d’attaques de panique dont elle était victime diminua considérablement.

Les auteurs de cette observation notaient que ces crises de panique saisonnière étaient probablement une variante du SAD.

D’autres types de dépression, aggravées par la saison automne- hiver, peuvent se dissimuler derrière le SAD.

Des chercheurs investiguèrent récemment sur 110 patients atteints du syndrome de fatigue chronique (SFC). Apres observation de ces patients il apparut que plus de 30% d’entre eux connaissaient une aggravation de leur état durant la saison automne-hiver, avec également, l’apparition de symptômes du SAD, à un niveau très aigu. (Excès de sommeil, prise de poids, à un score très élevé). Plus de la moitié d’entre eux connaissaient ensuite une dépression sévère.

À Boston, il était rapporté le cas d’une patiente anorexique de 17 ans dont l’état s’aggravait considérablement chaque hiver. Au terme d’un mois de traitement par la lumière, son état de santé et son comportement alimentaire marquèrent une amélioration considérable. Les chercheurs de l’Université de Boston émirent alors l’hypothèse que la luminothérapie pourrait être employée pour les personnes boulimiques ou anorexiques connaissant une aggravation de leur état en hiver. Ces hypothèses devaient être vérifiées par la suite.

En 2004 des chercheurs tentèrent de mesurer le degré de saisonnalité des personnes atteintes de dépression, sous ses diverses formes. Cette étude démontra que, parmi les différentes formes de dépression, ce sont les personnes atteintes de troubles bipolaires qui expérimentent la plus grande saisonnalité.

 

     
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